Vaccins
Cet article a pour objectif de vous informer concernant les vaccins à disposition et les moyens dont disposent la médecine pour protéger les patients. L’objet n’est pas de prendre des positions pro ou antivaccins, mais bien de vous donner une information le plus claire possible, pour faire vos propres choix, en concertation avec les équipes médicales.
Chez un(e) patient(e) atteint(e) de LymphAngioléioMyomatose (LAM), la stratégie vaccinale vise à prévenir les infections respiratoires et protéger l’immunité, en particulier si le patient est sous traitement immunosuppresseur (sirolimus, everolimus). Nous aborderons les vaccinations recommandées pour l’ensemble des malades, certaines vaccinations avec des indications spécifiques puis enfin, celles qui sont contre indiquées chez les patients sous sirolimus/everolimus.
Vaccinations recommandées
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Diphtérie-Tétanos-Poliomyélite (dTP) : rappel tous les 20 ans jusqu’à 65 ans, puis tous les 10 ans.
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Coqueluche : un rappel chez l’adulte peut être indiqué, surtout en cas de contact avec des nourrissons. Le vaccin de la coqueluche se fait en une seule injection couplée au DTP.
Vaccinations spécifiques liées à la LAM comme dans toute maladie pulmonaire chronique : se protéger des infections saisonnières
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Vaccin contre la grippe (chaque année) : fortement recommandé, car la grippe peut déstabiliser la fonction respiratoire. Une seule injection à faire à l’automne et à répéter tous les ans. Remboursé en France pour les patients LAM.
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Vaccin contre le pneumocoque, qui est une bactérie susceptible d’infecter les poumons.
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Prevenar 20 en dose unique chez l’adulte (qui remplace depuis 2024 l’ancienne vaccination Prevenar 13+ Pneumovax 23): le chiffre désigne le nombre de souches de bactéries contre lesquelles la vaccination apporte une protection. Pas de rappel. Remboursé pour les patients LAM. Si vous avez été vacciné par la combinaison Prevanar 13+ Pneumovax, on fera une injection de Prevenar 20 en respectant un délais de 5 ans après la dernière injection de Pneumovax.
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Important chez toute personne à risque de pathologie pulmonaire chronique.
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Vaccination contre la COVID : Vaccination complète + rappels selon les recommandations en vigueur (en général au moins un rappel annuel pour les personnes à risque) également pris en charge pour les patients LAM.
A noter : les vaccins contre la grippe, le pneumocoque et la COVID peuvent être réalisés en même temps.
Vaccins à envisager selon les situations
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Hépatite B : si non immunisé, notamment en cas de traitement immunosuppresseur. Au cas par cas.
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Zona : chez les patients de plus de 50 ans, en particulier sous sirolimus (SHINGRIX) : deux injections espacées de deux à six mois. Pour le moment, il n’y a pas de rappel recommandé. C’est un vaccin non vivant contrairement à celui de la varicelle et l’ancien vaccin contre le zona (ZOSTAVAX). Il est donc recommandé chez les personnes immuno déprimées.
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Virus Respiratoire Syncytial : Le VRS sévit en France entre octobre et la fin de l’hiver. Il touche surtout les jeunes enfants (la fameuse bronchiolite) mais peut entraîner des infections sévères chez les personnes fragiles et/ou immuno déprimées. C’est un vaccin récent, recommandé pour les personnes de plus de 65 ans ayant une maladie respiratoire. Ce vaccin est réalisé en une seule dose, tous les ans car il protège environ 5 à 6 mois (ABRYSVO, mRESVIA). Vaccin pour le moment non remboursé dans cette indication, car pas assez d’études concernant son bénéfice. Il peut être injecté en même temps que celui de la grippe ou de la COVID.
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Si vous devez voyager en zone à risque de fièvre jaune : la vaccination se fait en une fois, sans rappel. Cependant, elle est contre indiquée chez les personnes qui doivent débuter un traitement par sirolimus/everolimus (un mois avant) ou qui sont sous sirolimus/everolimus. Dans ce cas, et si vous devez vous rendre dans un pays à risque, il faudra joindre le centre de vaccinations internationales afin d’obtenir un certificat de contre indication en règle et pouvoir voyager, tout en évitant les zones les plus à risque.
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Cas particulier : traitement par sirolimus/everolimus
- Contre indication aux vaccins vivants atténués (ex : rougeole-oreillons-rubéole, varicelle, fièvre jaune) pendant le traitement ou dans les 4 semaines qui le précèdent.
En conclusion, la vaccination doit être faite et décidée en concertation avec le médecin traitant, le pneumologue référent et un éventuel centre de vaccination pour les vaccinations spécifiques. Elle reste un moyen sûr et efficace de nous protéger des principales infections en circulation dans nos environnements.
La vaccination de l’entourage est également primordiale afin d’éviter la contamination aux patients qui peuvent parfois moins répondre aux vaccins.
Bien entendu, pour les maladies saisonnières, les mesures barrières (hygiène, port du masque) restent très importantes et très efficaces.